Une expédition en voilier a toujours une date de départ… le jour où on est supposé être prêt et où on largue les amarres. On pense à l’avance à ce jour, se demandant ce qu’on va ressentir, quitter Gananoque, le port, penser à chaque mile que nous allons naviguer jusqu’à notre retour. Cette année, nous étions plus que prêts quand nous sommes partis et suivions le planning à la lettre. Mais bien sûr, ensuite, la vie nous a amené quelques challenges à résoudre avant de pouvoir atteindre le large. Notre escale à Québec a duré quelques jours de plus que prévu, le temps pour l’équipage de s’installer à bord, de se retrouver et de commencer à travailler ensemble. En attendant une pièce pour le moteur, nous avons pu faire beaucoup de petits travaux que nous n’avions jamais eu le temps de faire ou que nous aurions fait en descendant le Saint-Laurent : fermer et sceller les hublots pour qu’ils soient étanches, vérifier que tout est bien attaché sur le pont, laver le pont et le cockpit, etc.

Une fois la pièce arrivée et installée sur le moteur, nous étions fin prêts à partir et très impatients de naviguer enfin vers le Détroit de Belle Isle. Nous sommes partis de Québec le 15 Juin, jour de la fête de la musique, laissant ces festivités aux terriens. Temps pour nous de devenir marin!

Laissez-moi vous présenter l’équipage alors que nous voguons vers Baie-Saint-Paul et Tadoussac avec du vent léger et des courants de marée favorables : Grant (le capitaine), sa partenaire Pascale (premier maître à bord) et Valentine (deuxième maitre à bord) forment le même équipage que l’année passée. Nous accueillons Samuel à bord, en tant que biologiste et en charge des relevés sur les oiseaux marins que nous allons faire tout le long du voyage.The crew in Quebec city

Arrivée à Havre-Saint-Pierre après seulement 2 jours de navigation, le plein d’essence est fait, nous repartons en mer, direction Blanc Sablon. Cette région est réputée pour son brouillard, ses vents forts et ses icebergs sur la route, même en été. L’année dernière, cette réputation s’est confirmée, cette fois-ci nous sommes chanceux et avons seulement eu… des vents forts!…mais… du nord-est…

Connaissez-vous la sensation de planter des pieux quand vous naviguez face au vent? Chaque vague a un impact sur notre vitesse et Blanc Sablon semble s’éloigner un peu plus chaque fois.

Malgré le fait que Samuel est malade et que nous avons tous la sensation d’être dans une machine à laver depuis une vingtaine d’heures, nous approchons de Blanc Sablon avec excitation et pleins d’espoir, au milieu d’une nuit humide et dans 30 nœuds de vent.

Il est temps de se reposer, de sécher, d’avoir une petite pause si possible. Un béluga (assez rare dans cette zone!) est à côté du bateau et semble nous montrer la route!

Au milieu des bateaux de pêche bien amarrés au quai, nous nous trouvons une place vers 2 heures du matin ce mercredi.

Nous sommes contents d’être ici après 4 jours de mer, de retrouver toujours ces regards et conversations amicales, comme à chaque fois que nous nous arrêtons ici.

Le beluga a l’air d’apprécier notre présence aussi, il tourne autour de l’Arctic Tern, colle son rostre sur la coque, nage sur son flanc et semble nous observer assidument. Mais finalement qui observe qui? En s’endormant, nous l’écoutons « vocaliser » à travers la coque… Jolie berceuse!image

 

20 Juin : nous nous préparons à la traversée vers le Groenland : prendre la météo, vérifier tout ce qui est sur le pont, faire les courses, prendre une douche. En regardant les cartes de glace, nous apprenons que le Détroit de Belle-Isle est pleins d’icebergs. Deux d’entre eux sont déjà visibles depuis le port et nous donne un léger aperçu de la suite! « Il n’y a pas eu autant de glace ici depuis 7 à 8 ans, un retour à la normale peut-être » nous dit un pécheur du coin.

Pour nous, cela signifie que nous attendrons une belle fenêtre météo afin de slalomer entre les glaces et finalement de retrouver le grand large!Arctic Tern in Blanc Sablon

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