Black Tickle FerrySails upCette fois, le détroit de belle-ile nous a fait mentir, beau soleil, pas trop de vent et moins de glace que ce qu’on avait vu sur les cartes! Nous avons fait deux escales sur la cote du labrador avant la traversée, à Marys Harbour et à Black Tickle. Là, nous sommes arrivés en même temps que le ferry qui ravitaille chaque semaine ce village et les autres de la cote, le ‘Northern Ranger’. Amarré de l’autre côté du quai, nous nous sentions très petit, les locaux regardaient notre bateau se demandant apparemment ce que nous faisions par ici, et nous observions le ballet du déchargement, du matériel, du bois, des boites et même d’un barbecue!

De nombreuses personnes du village étaient là, attendant probablement leur commande ou leurs amis. C’est seulement le deuxième voyage du bateau cette année car il opère du mois de Juin au mois de Novembre. L’atmosphère est particulière, des gens sont heureux d’être à destination, d’autres travaillent à bord pour amarrer le bateau et décharger le matériel, les locaux attendent sur le quai ou un peu plus loin. Ce bateau est durant l’été l’un des principaux liens avec ‘le sud’ ou les autres communautés, car la nouvelle route de Blanc Sablon a Goose Bay ne passe pas par ici.

Quelques heures de sommeil plus tard, nous quittons Black Tickle et mettons le cap plein Nord! Après deux jours de vent calme, nous naviguons enfin à la voile et l’Arctic Tern commence à giter sur tribord! Nous savourons et nous réhabituons aux mouvements car la mer est assez agitée et démontée. Cette fois-ci, 3 membres d’équipage sur 4 ont été un peu malades, c’est alors plus difficile de dormir et la cuisine devient vite basique, même les conversations parlaient de la stratégie de chacun pour ‘gérer’ autant que possible le mal de mer! Dans ces cas-là, la vie devient très simple : vous dormez (si vous y arrivez), vous faites votre quart de veille, vous mangez (si votre estomac vous le permet). Parmi ces étapes, il est nécessaire bien sûr de s’habiller et pour certains d’entre nous (spécialement notre responsable des études d’oiseaux marins), c’est un challenge impressionnant ! D’abord le pantalon, puis une pause en s’allongeant de nouveau pour ne pas aggraver le mal de mer, puis les chaussettes (mais une à la fois en 2 étapes différentes bien sur!), même pause, ensuite la polaire, une pause, etc etc. Cela peut prendre un certain temps!

Parfois, Samuel se sentait malade et finissait par se rendormir avant d’avoir atteint l’étape de la deuxième botte!

Samuel travaille pour le Service Canadien de la Faune à bord, il observe et note tous les oiseaux marins afin de pouvoir cartographier leurs utilisations de l’habitat dans ces régions plus précisément. Donc toutes les deux heures et durant une heure, il les observe, les compte, sur une distance d’environ 300 mètres depuis le bateau, excepté la nuit bien sûr.

En parlant de la nuit, en approchant de Sisimiut, nous avons perdu les heures sombres de la nuit. Et comme si l’arctique voulait nous accueillir de nouveau à sa façon, il a commencé à neiger alors que nous passions le cercle polaire arctique par 66°33’N! Neiger… le 28 Juin! Il faisait froid mais c’était tellement beau sur l’eau, le vent a faibli et nous sommes finalement arrivés dans le port de Sisimiut vers 1h du matin la nuit dernière.

C’est un grand plaisir d’être de retour au Groenland. Nous étions passés ici l’année passée début juillet, nous connaissons donc un peu le coin : le supermarché, les douanes, la banque, etc. Très utile! La seule chose que nous avons oublié avec l’excitation de revoir la terre est que nous sommes samedi et que beaucoup de choses sont donc fermées.

Peu importe, c’est magique de revoir les paysages groenlandais typiques, les maisons colorés ainsi que l’accueil incroyablement chaleureux des gens d’ici!

Il est temps pour nous de travailler un peu à bord, a quai puis de reprendre ensuite notre route vers le Nord en longeant la côte.

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